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Heyraud Limoges (1930-1985)

L'usine Heyraud à Limoges se trouvait dans le département de la Haute-Vienne en région Nouvelle-Aquitaine.

 

​Créée en 1930, par Alfred Heyraud, l'usine de Limoges fabrique des chaussures.

L'entreprise Heyraud est racheté en 1995 par le groupe Eram de Saint-Pierre Montilmart (Maine-et-Loire).

L'usine Heyraud à Limoges, rue Garibaldi, ferme ses portes en 1985 et est détruite pour faire place à un centre commercial (Saint-Martial).

« Je vous adresse quelques souvenirs de mon passage à l’usine Heyraud de Limoges.

Mon activité dans cette usine a duré de janvier mille neuf cent cinquante-six à avril mille neuf cent cinquante-neuf. Je me souviens avoir travaillé dans trois services de fabrications différentes.

Mon premier atelier  produisait  les chaussures  de femmes  tressées,  c’était la mode des années cinquante. Ensuite  toujours  la chaussure de femme   de qualité supérieure (le black),  nom donné à l’atelier, aux semelles cousues, ce qui n’était plus le cas à mon époque nous utilisions  des colles à chaud.

La production, de ces chaussures de ville a talons, était de 450 à 500 paires par jour. Dans  ce service j’effectuais le collage des   semelles à l’aide d’une grande roues  sur laquelle la chaussure était posée,  il y avait un préchauffage pour raviver la colle préalablement passée. Simultanément la semelle était réchauffée, la semelle était collée manuellement.

Le salaire horaire était de 168 francs, pour 172 heures de travail soit près de 29000 francs . Ensuite j’ai assuré la finition  des chaussures hommes de grande qualité qui étaient vendues au magasin Heyraud  de l’avenue des champs Elysées à 45000 francs la paire.

 En cette fin   d’années cinquante, les chaussures Italiennes sont arrivées sur le marché. Une fabrication moderne, des modèles attrayants et des prix abordables. La clientèle y trouvait son compte en changeant de chaussures tous les ans. La demande de chaussures classiques s’en est trouvée affectée  .le chômage  partiel était appliqué. Travailler deux  jours dans la semaine ce n’était pas possible  de faire vivre une famille. Après onze années dans la profession  j’ai opté pour une entreprise ou j’aurais la sécurité de l’emploi.

De ses trois années passées dans cette entreprise  je garde un excellent souvenir. Le paternalisme de l’époque  permettait de travailler dans de bonnes conditions .Les patrons de l’époque Pierre et Michel Heyraud passait dans les services mais nous n’avions pas de rapports directes. Ils s’adressaient au chef d’atelier.

Soixante et un ans  se sont écoulés, j’ai toujours la nostalgie de ce métier ou j’ai fait connaissance avec le monde du travail dès la sortie de l’école  a quatorze ans. ».

Le 19 novembre 2020

Michel Beyrand

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