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EDF Saint-Leu-d’Esserent

Une centrale, un fleuve, des péniches et des diamants noirs...

Jeudi 4 décembre 2025

Jeudi 4 décembre 2025

Au bord de l’Oise, entre Creil et Chantilly, la silhouette de la centrale thermique EDF de Saint-Leu-d’Esserent a dominé le paysage avec ses quatre hautes cheminées pendant près de trois décennies. Aujourd’hui arrêtée et reconvertie, l’ancienne centrale EDF reste une pièce majeure du patrimoine industriel de l’Oise.

La décision de construire la centrale est prise au début des années 1950, dans un contexte de forte croissance de la consommation électrique et de reconstruction du pays. Léon Bazin, architecte-conseil d’EDF, lance le chantier à l’automne 1952 sur un vaste terrain d’environ 35 hectares.

Située stratégiquement entre la voie ferrée et l’Oise, la centrale peut recevoir du charbon par train ou par péniches, tout en puisant dans le fleuve l’eau nécessaire au refroidissement des installations.

Mise en service en 1956, la centrale s’inscrit dans un réseau de grandes centrales thermiques de la région parisienne (Gennevilliers, Saint-Denis, Saint-Ouen, Porcheville...) destinées à sécuriser l’alimentation de la région Île-de-France.

La centrale thermique au charbon de Saint-Leu-d’Esserent disposait de quatre groupes turbo-alternateurs de 125 MW chacun, soit une puissance totale installée de 500 MW.


À la fin des années 1960, dans un contexte de diversification des approvisionnements énergétiques, la centrale passe temporairement du charbon au fuel lourd.

Mais le premier choc pétrolier de 1973 renchérit brutalement le prix du fuel. EDF revient alors au charbon, plus économique, avant d’installer en 1977 des turbines à gaz sur le site, afin d’augmenter sa flexibilité et de répondre plus rapidement aux pointes de consommation.

À partir de la fin des années 1970, la donne énergétique change. Le programme nucléaire français monte en puissance, les centrales thermiques au charbon deviennent moins compétitives et les enjeux environnementaux commencent à peser davantage.

La centrale de Saint-Leu-d’Esserent voit son activité ralentir, puis cesser en 1982. En 1986, les habitants de la vallée de l’Oise assistent à la démolition des quatre grandes cheminées, hautes d’environ 115 mètres.

EDF choisit de reconvertir le site en base logistique (Base Froide Opérationnelle de Creil) destiné au stockage et à l’approvisionnement des pièces de rechange pour l’ensemble des centrales thermiques et nucléaires françaises.

L’histoire de la centrale de Saint-Leu-d’Esserent témoigne à la fois de l’histoire de l’électrification de la France, des Trente Glorieuses et de la désindustrialisation des années 1980.

CPA 1975 Collection Ileufuus

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