Palmer Concarneau
Une conserverie au cĆur du port sardinier...
đ Jeudi 11 janvier 2024

Parmi les dizaines de conserveries qui ont façonnĂ© Concarneau, le nom de Palmer occupe une place singuliĂšre dans la mĂ©moire collective. Un siĂšcle dâhistoire industrielle, sociale et maritime qui a profondĂ©ment marquĂ© la ville.
đ Lâhistoire de la conserverie Palmer dĂ©bute avec les frĂšres Ămile et Isaac Pereire, puissants banquiers du Second Empire. Dâabord installĂ©s Ă Lanriec, sur la rive gauche du port, ils font construire en 1861 une usine sur le quai de la Croix, au plus prĂšs des quais. Ils lui donnent le nom de Palmer, en rĂ©fĂ©rence au prestigieux chĂąteau Palmer, vignoble du MĂ©doc leur appartenant alors, aujourdâhui propriĂ©tĂ© des familles MĂ€hler-Besse et Sichel.
Fondateurs en 1855 de la Compagnie générale maritime (CGM), les Pereire entendent utiliser la conserverie pour approvisionner en produits alimentaires les passagers de leurs paquebots, inscrivant Palmer dans une logique industrielle et maritime intégrée.
đŁ Comme lâensemble des conserveries concarnoises, Palmer vit au rythme de la sardine et de la saisonnalitĂ© des campagnes de pĂȘche. La main-dâĆuvre, majoritairement fĂ©minine malgrĂ© la pĂ©nibilitĂ© du travail, participe au dĂ©but du XXá” siĂšcle aux mouvements de revendications salariales qui traversent toute la Bretagne.
Ă partir de 1902, Palmer subit de plein fouet les crises sardiniĂšres, provoquĂ©es par la rarĂ©faction quasi totale du poisson. Pour survivre, la conserverie diversifie progressivement sa production, se tournant vers le maquereau, le thon et les lĂ©gumes, Ă lâimage des autres usines du port.
đȘ AprĂšs la Seconde Guerre mondiale, la conserverie doit affronter la modernisation rapide du secteur, la concentration industrielle, la concurrence internationale et lâĂ©volution des habitudes alimentaires. Ces mutations fragilisent les structures de taille moyenne.
La conserverie Palmer ferme définitivement ses portes en 1965, symbolisant la disparition progressive des petites et moyennes conserveries de sardines nées au XIXᔠsiÚcle, peu à peu rachetées ou absorbées par de grands groupes agroalimentaires tels que Saupiquet ou Cassegrain.
đïž Aujourdâhui, pour qui sâintĂ©resse au patrimoine industriel maritime, le MusĂ©e de la PĂȘche de Concarneau constitue une porte dâentrĂ©e privilĂ©giĂ©e pour comprendre lâhistoire de Palmer et, plus largement, celle des conserveries concarnoises.
Concarneau, citĂ© portuaire emblĂ©matique de Bretagne, a comptĂ© jusquâĂ une trentaine de conserveries, oĂč le destin de milliers de familles sâest jouĂ© entre la mer, les thoniers et les usines.
Facture 1952 Collection Ileufuus


