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Bouclet & Zunequin & Cie Boulogne-sur-Mer

Spécialisée dans les poissons bleus…

📆 Jeudi 12 décembre 2024

📆 Jeudi 12 décembre 2024

🐟 À Boulogne-sur-Mer, l’histoire industrielle ne s’écrit pas seulement sur les quais, dans le fracas des criées et le retour des chalutiers. Elle s’écrit aussi dans les conserveries qui transforment le poisson en richesse durable. Parmi ces noms aujourd’hui discrets, presque effacés de la mémoire commune, figure celui de Bouclet Fils, Zunequin et Cie.

L’histoire de cette conserverie est indissociable de celle de l’armement à la pêche. À la fin du XIXe siècle, Louis Bouclet (1854-1925) révolutionne le port de Boulogne en introduisant, en 1894, les tout premiers chalutiers à vapeur.

⛴ Après la Première Guerre mondiale, face aux défis de la modernisation, les fils Bouclet s’associent à la famille Zunequin. Ensemble, ils structurent la Société boulonnaise d’armement à la pêche et développent parallèlement la conserverie et la salaison. Posséder des navires, c’était sécuriser l’approvisionnement des conserveries.

Spécialisée dans les poissons bleus, la maison Bouclet & Zunequin & Cie s’est forgé une solide réputation dans le traitement du produit roi du littoral : le hareng, mais aussi le maquereau et la sardine. Le succès de Bouclet & Zunequin reposait sur une maîtrise totale de la chaîne de valeur, du filet du pêcheur jusqu’à la boîte de conserve en fer-blanc. Les ouvrières de la mer, les fameuses « filles de la conserve », trient, salent, fument, conditionnent, appertisent et expédient.

🐠 Dans une ville où le poisson arrivait en abondance mais devait être écoulé rapidement, la conservation était une nécessité économique. Elle permettait d’allonger sa durée de vie, de le transporter plus loin et de toucher des clientèles qui ne vivaient pas au bord de la mer, notamment à Paris, où les conserves de poisson trouvaient une clientèle urbaine.

L’entreprise commercialise ses produits sous une marque restée célèbre dans le cœur des collectionneurs d’art publicitaire : « La Boulonnaise ». Pour la promouvoir, la conserverie fait notamment appel aux plus grands affichistes de l’époque, comme Leonetto Cappiello, associant l’image du terroir maritime de Boulogne à un graphisme moderne et percutant.

🥫 Les restructurations industrielles de la fin du XXe siècle, entre les grands acteurs tels que Saupiquet, Cassegrain, Amieux, Chancerelle et Petit Navire, annoncent la disparition ou la fusion des anciens armements familiaux et des conserveries. La conserverie boulonnaise disparaît en 1958.

📜 Facture 1950 Collection Ileufuus

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