Chupin & Batardière Andrezé
Quand les Mauges chaussaient la France…
📆 Lundi 15 juillet 2024

👠 Dans le département du Maine-et-Loire, longtemps marqué par le textile et le cuir, de nombreuses usines ont fait vivre des générations d’ouvrières et d’ouvriers. Véritable place forte de la chaussure en France au XXe siècle, la région a vu naître de grandes sagas familiales et industrielles, comme celle de la famille Biotteau, à l’origine du groupe Eram, mais aussi celle de Chupin & Batardière.
L’aventure industrielle d’Andrezé commence bien avant la création officielle de la société Chupin & Batardière. Dès 1904, une première unité de fabrication de pantoufles est lancée dans la commune par trois associés : Mademoiselle Flavie Bernard, Louis Gallard et Louis Chupin.
👢 En 1946, la structure d’origine de Flavie Bernard est reprise et transformée pour donner naissance à la société Chupin-Batardière. L’entreprise Pindière naît de l’association de deux patronymes : « Pin » pour Jean Chupin et « Dière » pour Louis Batardière. Derrière cette contraction se cache l’histoire d’une entreprise familiale et industrielle, implantée entre Beaupréau et Cholet.
Dans l’usine, la chaussure est le résultat d’une chaîne de gestes précis. Il faut découper les peaux, préparer les tiges, piquer les éléments, monter la chaussure sur forme, fixer les semelles et contrôler les finitions.
🏭 À son apogée, l’usine de chaussures pour femmes devient le principal moteur économique d’Andrezé. Elle emploie jusqu’à 350 salariés, recrute massivement des femmes et s’impose comme le premier employeur de la commune.
À partir des années 1980 et 1990, l’industrie de la chaussure des Mauges subit de plein fouet la concurrence internationale et les vagues de délocalisations. Malgré la qualité de sa production, le groupe Pindière, qui compte alors huit usines et près de 1 850 emplois, doit faire face à de lourdes restructurations. Celles-ci conduisent, à terme, à la fermeture du site d’Andrezé en 2001.
👩🏼🤝👩🏻 Les dirigeants et actionnaires principaux de Pindière sont aujourd’hui Samy Haddad, Peter Touang et Céline Lin. Désormais implantée à Sèvremoine, sur le territoire de l’ancienne commune de Saint-Macaire-en-Mauges, Pindière conserve son activité de création au cœur des Mauges, autour des marques Emilie Karston, Sweet Elle et Madison, tandis que la fabrication est réalisée en Asie. L’entreprise emploie aujourd’hui une quarantaine de salariés.
📸 Facture 1956 Collection Ileufuus