Automoto Saint-Etienne
Des champions légendaires…
📆 Lundi 6 mai 2024

🚲 Si Saint-Étienne est historiquement indissociable de l’arme, du ruban et du cycle, une marque incarne à elle seule l’âge d’or de la petite reine et des premières motorisations de la région : Automoto. Installée au cœur du bassin industriel ligérien, son usine a marqué des générations d’ouvriers et conquis les routes de France.
L’aventure commence à la fin du XIXe siècle, dans un contexte de formidable essor du vélo, de l’automobile naissante et des premières motocyclettes. À cette époque, la fabrication des armes et celle des bicyclettes partagent de nombreuses technologies : le travail des tubes d’acier, le décolletage et l’emboutissage.
🏭 En 1897, plusieurs industriels et mécaniciens stéphanois s’associent pour créer la Société de Construction Mécanique de Cycles et Automobiles. L’année suivante, la marque Automoto est déposée. Pour faire face à une demande grandissante, l’entreprise fait construire une usine moderne située rue Gutenberg. Ce site devient rapidement le poumon de la marque.
À ses débuts, Automoto fabrique des pièces mécaniques, des cycles, des voiturettes, des armes et divers éléments industriels. Dans ses ateliers, on produit des cadres, des moyeux, des pédaliers, des freins et de nombreux composants qui contribuent à faire la réputation de la marque dans le monde du cyclisme.
🚴 Pour vendre ses vélos, Automoto mise sur le sport cycliste. La marque crée son équipe professionnelle, reconnaissable entre mille grâce à son maillot violet à bande d’or. Les vélos sortis de l’usine de Saint-Étienne entrent dans la légende du Tour de France grâce à plusieurs champions mythiques : Henri Pélissier, vainqueur en 1923, Ottavio Bottecchia, vainqueur en 1924 et 1925, puis Lucien Buysse, vainqueur en 1926.
Dans les années 1930, Automoto fait partie des grandes entreprises stéphanoises du cycle. Sa production atteint plusieurs dizaines de milliers de machines par an et l’usine emploie plusieurs centaines d’ouvriers. Après la Seconde Guerre mondiale, le marché du deux-roues change radicalement. L'essor de la voiture individuelle et l'arrivée des vélomoteurs légers, comme la mobylette de Motobécane, bousculent l'industrie stéphanoise.
🏍️ Automoto tente de résister en produisant des cyclomoteurs et des scooters, mais la concurrence est rude. Face aux difficultés financières, la société est absorbée en 1959 par son grand rival, Peugeot. En 1962, la production de cycles sous la marque Automoto cesse définitivement sur le site.
📜 Lettre 1950 Collection Ileufuus