Boissy Laussonne
La fin d’une grande histoire de chaussures « made in Auvergne »...
📅 Mardi 2 décembre 2025

Au bord de la route du Puy, à l’entrée de Laussonne (Haute-Loire), un long bâtiment industriel rappelle encore l’époque où le village vivait au rythme des cadences de la manufacture Boissy.
Fondée en 1947 par la famille Boissy, l’usine de Laussonne a longtemps été la dernière grande fabrique de chaussures d’Auvergne, un symbole du « made in France » rural, attaché au cuir, au confort et au travail bien fait.
À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, la demande en chaussures est croissante. À Laussonne, petite commune de moyenne montagne, Pierre-Louis Boissy choisit d’implanter une manufacture spécialisée dans la chaussure de confort (mocassins).
La force de Boissy repose sur un positionnement précis : des chaussures de confort, fabriquées en France, avec une attention particulière portée à la qualité du cuir, au montage et aux finitions. La marque équipe un large public, souvent fidèle, qui recherche une chaussure solide, confortable, adaptée au quotidien.
Pendant près de 80 ans, la manufacture Boissy structure la vie économique de Laussonne. Dans une commune d’environ 1 100 habitants, la présence d’une usine qui emploie plusieurs dizaines de personnes pèse lourd : de nombreuses familles ont au moins un membre ayant travaillé par la manufacture. Pour beaucoup de jeunes du village, Boissy a été le premier emploi et parfois le seul exercé toute une vie.
Boissy doit affronter, à partir des années 1980-2000, la montée en puissance de la concurrence internationale : productions à moindre coût en Asie ou en Europe de l’Est, pression sur les prix de la grande distribution, évolution rapide de la mode et des circuits de vente.
En 2022, l’usine, sous l’égide des nouveaux propriétaires Yves et Anne Poitoux, produit près de 200 000 paires de chaussures par an.
En mars 2025, le tribunal de commerce du Puy-en-Velay prononce la liquidation judiciaire de la dernière manufacture de chaussures auvergnate.
Au total, près de 42 salariés du site ainsi que des employés en sous-traitance, se retrouvent sans emploi. Pour Laussonne, c’est un choc social, mais aussi symbolique : c’est tout un pan de l’histoire industrielle locale qui s’achève.
Aujourd’hui, alors que les machines se taisent et que les bâtiments attendent un nouveau destin, il était une fois une usine perpétue la mémoire de l’histoire économique et sociale du pays Laussonnais.
CPA 1973 Collection Ileufuus


