Béghin-Say Goussainville
L'histoire d’un géant sucrier aux portes de Paris...
📅 Mercredi 3 décembre 2025

Pendant près d’un siècle, la sucrerie Béghin-Say de Goussainville a été l’un des symboles du patrimoine industriel du Val-d’Oise. Située à quelques kilomètres de Paris et de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, elle transformait chaque automne les betteraves des plaines environnantes en sucre blanc.
La sucrerie est créée en 1905, par la Société Anonyme de la Sucrerie Agricole de Goussainville, dans le contexte d’une forte demande en sucre. Comme toutes les usines de betteraves, la sucrerie Béghin-Say de Goussainville vivait au rythme de la campagne sucrière qui rythmait la vie locale.
Les betteraves arrivaient en continu étaient lavées, découpées en cossettes, puis introduites dans un diffuseur pour en extraire le jus sucré. Ce jus était ensuite filtré, concentré dans de grands évaporateurs, puis cristallisé pour donner du sucre.
En 1969, elle se rapproche de la sucrerie de Chevrières (Oise), filiale du groupe Say, signe d’une première concentration industrielle.
La fusion entre Béghin et Say donne naissance en 1972 à Béghin-Say, aujourd’hui Tereos, qui devient l’un des principaux acteurs du sucre en France.
La mise en place de quotas sucriers européens fragilisent le site et entraîne une rationalisation de la production et la fermeture progressive des sucreries jugées moins stratégiques.
En 1985, après environ 80 ans d’activité, la sucrerie de Goussainville ferme ses portes et disparait sous la pression urbaine (aéroport de Roissy, autoroutes et lotissements).
L’histoire de la sucrerie Béghin-Say de Goussainville illustre parfaitement la trajectoire de nombreux sites agroalimentaires de la région parisienne, mettant en lumière le conflit entre héritage industriel et urbanisation.
CPA 1973 Collection Ileufuus


