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Sonolor La Courneuve

Il y a toujours quelque chose à faire...

📅 Samedi 13 décembre 2025

📅 Samedi 13 décembre 2025

L’usine Sonolor, implantée à La Courneuve dans le département de la Seine-Saint-Denis, représente un chapitre central de l’industrialisation de la banlieue parisienne au XXᵉ siècle, mais aussi un symbole des luttes ouvrières et de la désindustrialisation française.

La marque Sonolor, fondée à Paris et reprise par André Bazin en 1947, était spécialisée dans la fabrication d’appareils électroniques grand public notamment des postes radio, téléviseurs et des autoradios.

L’entreprise quitte ses locaux parisiens pour s’installer dans une nouvelle usine à La Courneuve, rue Paul-Vaillant-Couturier, répondant ainsi à la croissance de la demande et à la modernisation de ses processus de production.

La ville de La Courneuve devient un pôle industriel majeur de la périphérie parisienne, accueillant de nombreuses usines attirées par les terrains disponibles et la proximité des infrastructures de transport. La majorité des employés de l'usine Sonolor sont des femmes, comme c'est fréquemment le cas dans l'industrie électronique.

En 1971, Sonolor est rachetée par la multinationale américaine ITT (International Telephone and Telegraph), qui entame progressivement la délocalisation d’une partie de la production vers la Tunisie. Cette stratégie, motivée par la recherche de coûts de production plus bas et d’une concurrence internationale accrue, affecte directement l’activité de l’usine de La Courneuve.

Dans la nuit du 28 février 1974, l'usine est marquée par un violent incendie qui ravage une grande partie des installations. Cet acte est revendiqué à l'Agence France-Presse par un groupe clandestin, "Il y a toujours quelque chose à faire !", comme un attentat protestant contre l'arrivée à Paris du nouvel ambassadeur du Chili proche du général Pinochet et dénonçant l’implication en 1973 du groupe américain ITT dans le coup d'État militaire à Santiago et la mort du président chilien Salvador Allende. L'usine est ensuite reconstruite et reprend ses activités.

En 1979, confrontées à des menaces de licenciements massifs, 445 salariées se mobilisent et entament une occupation de l’usine durant près de cinq mois. Quelques années plus tard, confrontée à la lente agonie de leur usine, les ouvrières parviennent à obtenir l’ouverture de négociations pour éviter la délocalisation de leurs outils de production et des licenciements collectifs. En 1985, malgré une lutte ouvrière emblématique, l’usine ferme ses portes.

Plus qu’un simple site de production, l’usine Sonolor est aujourd’hui perçue comme une page importante du patrimoine industriel et de mobilisation sociale en Seine-Saint-Denis.

CPA 1975 Collection Ileufuus

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