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Manufacture des Tabacs La Réole

Une industrie passée à tabac...

📅 Dimanche 8 mars 2026

📅 Dimanche 8 mars 2026

🚬 À première vue, le vaste bâtiment de l’ancienne manufacture des tabacs de La Réole impressionne par sa silhouette massive et son allure austère. Pourtant, derrière ses murs de pierre et de brique, c’est tout un pan de l’histoire économique et sociale du Sud-Gironde qui ressurgit.

Construite en 1907, à la Réole en Gironde, à proximité immédiate de la gare, la manufacture ne produisait pas de cigarettes ou de cigares. Sa mission était tout aussi stratégique : réceptionner les feuilles, trier, homogénéiser, faire fermenter, puis expédier le tabac vers les sites de fabrication français. À l’époque, le Sud-Ouest est une terre de tabac, et La Réole s’impose comme un maillon essentiel de cette filière agricole et industrielle, reflet de l’âge d’or du tabac en France, lorsque l’État détenait le monopole.

🏭 Pendant plusieurs décennies, la manufacture fait vivre une partie de la ville. Au milieu du XXe siècle, elle emploie entre 150 et 200 salariés, auxquels s’ajoutent des saisonniers recrutés pendant les périodes de tri. Pour une commune comme La Réole, l’établissement pèse lourd : il structure des emplois, des rythmes de vie et une culture ouvrière dont le souvenir reste ancré dans la mémoire locale.

La Société nationale d’Exploitation Industrielle des Tabacs et Allumettes (SEITA) engage un vaste plan de restructuration et ferme la manufacture en 1981.

🚗 En 1995, le site entame une seconde vie en devenant musée de l’Automobile, des transports agricoles et ferroviaires. Puis, aujourd’hui, la manufacture se transforme en lieu de vie : espaces de coworking, projets immobiliers, commerces… une reconversion à plusieurs étages.

Pendant longtemps, les manufactures de tabac ont fait partie du paysage industriel français. Aujourd’hui, il ne reste plus rien. En quelques décennies, la France a vu s’effondrer un pan entier de son industrie du tabac : près de 25 usines (Nantes, Metz, Strasbourg, Marseille, Paris…) ont fermé.

🌍 La fin progressive des monopoles, l’ouverture du marché européen, la montée des marques étrangères, l’essor des politiques antitabac, les hausses de prix à répétition et la contrebande ont fragilisé durablement la production française.

La privatisation de la SEITA en 1995 accélère encore le mouvement. En 1999, sa fusion avec l’espagnol Tabacalera donne naissance à Altadis. Le rachat d’Altadis par le groupe britannique Imperial Tobacco en 2008, devenu depuis Imperial Brands, ouvre une nouvelle séquence d’anéantissement de la production française de tabac. Aujourd’hui, nos célèbres Gauloises sont fabriquées en Pologne.

📸 CPA 1971 Collection Ileufuus

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