Thomson Angers
Le "Petit Japon" de l'AnjouâŠ
đ Jeudi 12 mars 2026

đș Pendant plusieurs dĂ©cennies, lâusine Thomson dâAngers a occupĂ© une place centrale dans lâhistoire industrielle de la ville. ImplantĂ©e dans le contexte des grandes politiques de dĂ©centralisation industrielle de lâaprĂšs-guerre, elle a accompagnĂ© lâessor de lâĂ©lectronique angevine, tout en marquant durablement le paysage social, Ă©conomique et urbain de la capitale de lâAnjou.
LâarrivĂ©e de Thomson Ă Angers remonte au milieu des annĂ©es 1950. La dĂ©cision officielle dâimplantation de la Compagnie Thomson-Houston est prise en 1955, les travaux dĂ©butent en 1956 et lâusine ouvre en 1957, sur le site de la Croix-Blanche, boulevard Gaston-BirgĂ©.
đ Ă ses dĂ©buts, lâusine ne fabrique pas uniquement des tĂ©lĂ©viseurs. Elle produit aussi des Ă©lectrophones, des rasoirs Ă©lectriques et des transistors. Mais trĂšs vite, la tĂ©lĂ©vision devient son activitĂ© emblĂ©matique. Les premiers tĂ©lĂ©viseurs noir et blanc sortent de lâusine en 1958, avant lâarrivĂ©e de la tĂ©lĂ©vision couleur en 1967. LâĂ©tablissement sâimpose alors comme un site majeur de lâĂ©lectronique grand public en France. En 1970, ses 2 800 salariĂ©s produisent dĂ©jĂ environ 2 000 tĂ©lĂ©viseurs par jour, ce qui donne la mesure de son poids industriel.
Lâusine devient lâun des plus grands employeurs de la ville et un moteur essentiel du dĂ©veloppement Ă©conomique local. Au-delĂ des chiffres, Thomson contribue Ă structurer une identitĂ© industrielle angevine tournĂ©e vers lâĂ©lectronique, aux cĂŽtĂ©s dâautres entreprises comme Bull et Packard Bell. Cette concentration dâactivitĂ©s participe Ă faire dâAngers un pĂŽle reconnu dans le secteur.
đ Ă la fin des annĂ©es 1990, la concurrence asiatique et la transition vers les Ă©crans plats bouleversent le marchĂ©. Lâentreprise change de nom pour devenir Thomson MultimĂ©dia, puis Technicolor en 2010. La production bascule vers les dĂ©codeurs numĂ©riques et les box internet. Mais la guerre des prix et la dĂ©localisation des centres de production vers lâEurope de lâEst et lâAsie fragilisent le site. Cette trajectoire reflĂšte, plus largement, les difficultĂ©s rencontrĂ©es par lâindustrie Ă©lectronique française face Ă la mondialisation et aux recompositions du secteur.
La fermeture du site en 2012 marque la fin dâune Ă©poque. AprĂšs plus dâun demi-siĂšcle dâactivitĂ©, lâancienne usine devient une friche industrielle, porteuse Ă la fois de mĂ©moire et de contraintes notamment en matiĂšre de reconversion et de dĂ©pollution.
đ§ Lâhistoire de lâusine Thomson Ă Angers forme une vĂ©ritable fresque industrielle, oscillant entre lâĂąge dâor de lâĂ©lectronique française et les chocs brutaux de la mondialisation. Pour beaucoup dâAngevins, ce site nâĂ©tait pas quâune usine : il incarnait un savoir-faire technologique national.
đ Lettre 1955 Collection Ileufuus
đž CPA 1959 Collection Ileufuus
