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Michelin La Chapelle Saint-Mesmin

De la gomme au papier…

📅 Jeudi 15 janvier 2026

📅 Jeudi 15 janvier 2026

🛞 Alors que le géant du pneumatique fait la une de l’actualité sociale en 2025 avec l’annonce des fermetures de ses usines de Cholet et de Vannes, invoquant la concurrence asiatique ainsi que les coûts salariaux et énergétiques, l’histoire du site de La Chapelle-Saint-Mesmin, fermé dès 1991, rappelle que les mutations industrielles du géant clermontois ne sont pas nouvelles. Retour sur l’histoire d’un site qui a su troquer le caoutchouc pour la cartographie.

Dans une France en pleine reconstruction et motorisation au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Michelin cherche à étendre ses capacités de production. Fondée en 1951, l’usine Michelin, située sur la commune de La Chapelle-Saint-Mesmin, à l’ouest d’Orléans, témoigne de l’ancrage durable du groupe en région Centre-Val de Loire, aux côtés d’autres sites industriels implantés à Saint-Doulchard (Cher) et Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire).

🛣️ Le choix de La Chapelle-Saint-Mesmin ne doit rien au hasard : le site est proche de l’autoroute A10, desservi par un réseau ferroviaire dense et situé à distance raisonnable des grands marchés nationaux.

Pendant quatre décennies, l’usine constitue l’un des poumons économiques de l’agglomération. Le site est alors spécialisé dans la fabrication de pneumatiques pour poids lourds. À son apogée, des centaines d’ouvriers se relaient pour produire les gommes destinées aux camions sillonnant les routes de France et d’Europe. L’usine partage alors le paysage industriel local avec un autre grand nom, la verrerie Duralex, créant un véritable bassin ouvrier sur la rive nord de la Loire.

Comme de nombreux sites industriels historiques, le site connaît plusieurs phases de transformation importantes : modernisation des équipements, automatisation de certains processus et montée en compétences des équipes. Ces évolutions permettent à l’usine de rester compétitive dans un contexte industriel en constante mutation.

Après l’annonce de 4 900 suppressions d’emplois, dont près de 2 500 à Clermont-Ferrand, Michelin enregistre une perte de 5,4 milliards de francs pour l’exercice 1990, illustrant l’ampleur de la crise traversée par le groupe à cette période. Confronté à la concurrence mondiale et à la nécessité de rationaliser son appareil productif, le groupe clermontois décide de stopper la production de pneus dans le Loiret. En 1991, les machines s’arrêtent et la production est transférée vers l’usine Michelin de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), qui fermera à son tour en 2014.

🗺️ Plutôt que de laisser une friche industrielle, Michelin choisit de transformer le site de La Chapelle-Saint-Mesmin en un pôle logistique et tertiaire. L’ancienne usine devient le Centre de la Carte et du Guide, où sont éditées, pliées et distribuées les célèbres éditions Michelin. Si l’odeur du caoutchouc a disparu, l’attachement à la marque au Bibendum reste fort dans la commune.

En 2001, le groupe auvergnat crée ViaMichelin, une filiale dédiée à la numérisation de ses services cartographiques. Le site de cartographie de La Chapelle-Saint-Mesmin ferme finalement ses portes en 2007, victime de la généralisation du GPS et de la numérisation des usages.

🏭 L’ancienne usine est ensuite détruite. On y trouve aujourd’hui un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes appartenant au groupe Korian, ainsi que le siège social de l’enseigne Mr.Bricolage.

📸 CPA 1955 Collection Ileufuus

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