International Harvester Saint-Dizier
Le temple du tracteur rouge…
📆 Lundi 22 juin 2026

🚜 Située au cœur d’une région de tradition métallurgique, la ville de Saint-Dizier a abrité pendant près d’un siècle l’un des plus grands sites de production de matériel agricole d’Europe. Derrière les murs de l’usine s’est jouée une page majeure de la modernisation de l’agriculture française.
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la France doit reconstruire son économie et moderniser d’urgence son agriculture. En 1924, la famille Champenois fonde une usine de machinisme agricole à Saint-Dizier.
🏭 C’est en 1950, dans le cadre du plan Marshall, que l’usine de Saint-Dizier connaît sa véritable métamorphose. Le site est repris par la CIMA, filiale française du groupe américain International Harvester Company (IHC), et passe du simple assemblage à la fabrication intégrale. L’usine bragarde se dote alors d’une fonderie. En 1951, le premier tracteur rouge entièrement fabriqué à Saint-Dizier sort des chaînes : il s’agit de la version française du célèbre Farmall américain.
Le tracteur, longtemps réservé aux grandes exploitations, se diffuse dans les campagnes françaises. Il remplace progressivement la traction animale, accélère les travaux des champs et modifie en profondeur les pratiques agricoles.
🌎 En 1964, International Harvester France fait disparaître la CIMA et appose le logo de l’entreprise américaine sur le château d’eau de l’usine de Saint-Dizier. En 1978, le site emploie près de 3 000 salariés, qui vivent au rythme des trois-huit et des sirènes de l’usine.
Au début des années 1980, le marché mondial du matériel agricole s’effondre, plongeant la maison mère américaine dans une crise financière sans précédent. L’entreprise est ensuite rachetée par Tenneco en 1985, avant d’être fusionnée avec JI Case, puis avec Poclain en 1987. L’usine se spécialise alors dans la fabrication de transmissions destinées aux chargeuses-pelleteuses et aux tracteurs agricoles. En janvier 2001, l’Italien Landini rachète Case, plaçant le site sous le contrôle de McCormick France.
愛 Après la faillite de ce dernier, l’usine est reprise en 2011 par le groupe chinois YTO, qui y relance la fabrication et l'assemblage de pièces de transmission pour tracteurs. Cette reprise suscite alors l’espoir de maintenir une activité industrielle à Saint-Dizier, mais l’érosion se poursuit. En 2020, malgré les efforts des salariés, l’usine ferme ses portes, refermant une page majeure de l’histoire industrielle locale.
📸 CPA 1965 Collection Ileufuus