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Houillères de Saint-Éloy-les-Mines

Le cœur noir de l’Auvergne…

📅 Mardi 24 février 2026

📅 Mardi 24 février 2026

⛏️ À l’entrée de Saint-Éloy-les-Mines, dans le Puy-de-Dôme, le chevalement du puits Saint-Joseph, 40 mètres de haut, érigé en 1926 et pesant 160 tonnes, a longtemps rythmé les journées de la commune et les générations de mineurs. Aujourd’hui, il veille sur un autre chantier : celui de la mémoire.

Pendant près de deux siècles, les Houillères de Saint-Éloy-les-Mines ont été le moteur industriel du nord du Puy-de-Dôme. De l’âge d’or du charbon à la fermeture définitive, en 1978, retour sur une épopée humaine et industrielle qui a façonné l’identité d’un territoire. Tout commence véritablement au XVIIIe siècle, lorsqu’on découvre un gisement de houille de grande qualité.

🕳️ Au fil du XIXe siècle, sous l’impulsion de grandes familles industrielles et de la Société anonyme des houillères et du chemin de fer de Saint-Éloy-les-Mines, le puits Sainte-Barbe ouvre en 1869, suivi du puits Saint-Joseph en 1897. Autour des carreaux, les hameaux grossissent, les corons et les commerces s’installent, et Saint-Éloy prend peu à peu le visage d’une cité minière auvergnate.

En 1881, la Compagnie des forges de Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons rachète la Compagnie des mines de Saint-Éloy. Le bassin regroupe alors trois concessions : La Roche, La Vernade et La Bouble.

👷 Dans les galeries, les « gueules noires » affrontent chaque jour la chaleur étouffante, l’obscurité, le danger permanent : éboulements, inondations et, surtout, le grisou. La compagnie, dans un paternalisme typique de l’époque, encadre tout : le logement, les écoles, les dispensaires, les clubs sportifs, les fêtes de la Sainte-Barbe.

Après la Seconde Guerre mondiale, la France nationalise une grande partie de son industrie charbonnière. La loi du 17 mai 1946 refonde l’organisation du secteur et instaure un pilotage public à l’échelle nationale. Le site de Saint-Éloy dépend alors des Houillères du Bassin d’Auvergne (HBA), au sein des Charbonnages de France.

🏭 En 1965, les Houillères d’Auvergne regroupent plusieurs bassins : Fins (Allier), Champagnac (Cantal), ainsi que Brassac, Messeix et Saint-Éloy-les-Mines (Puy-de-Dôme). À une dizaine de kilomètres, la centrale thermique de Menat est alimentée par le charbon extrait à Saint-Éloy, acheminé via un convoyeur aérien à bennes.

Mais le déclin s’amorce dès les années 1960. La concurrence du pétrole et du gaz, ainsi que l’épuisement progressif des veines les plus rentables, condamnent le site. La mine ferme en janvier 1978.

💔 Saint-Éloy perd son cœur battant. Les galeries se referment, les terrils restent comme des cicatrices, et la ville apprend à vivre autrement. Au-dessus, le chevalement demeure : une cathédrale de fer pour une foi ouvrière qui ne veut pas disparaître. Et depuis 2011, la Maison de la Mine et du Tourisme est là pour perpétuer cette mémoire.

📸 CPA 1972 Collection Ileufuus
«Le puits Saint-Joseph et son chevalement»

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