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Beverly Pau

Une aventure industrielle béarnaise...

📅 Mardi 9 juin 2026

📅 Mardi 9 juin 2026

🩰 À Pau, l’histoire industrielle ne se résume pas aux grands noms de l’aéronautique, de la chimie ou de la pharmacie. Elle s’écrit aussi à travers des entreprises familiales qui ont marqué la vie économique, sociale et sportive de la ville. Parmi elles, l’usine Beverly occupe une place singulière : celle d’une fabrique de chaussures devenue, au fil du XXe siècle, un symbole du dynamisme palois et de l’esprit d’entreprise béarnais.

L’aventure Beverly est indissociable de la famille Bidegain. Georges Bidegain fonde à Pau, en 1936, une petite manufacture. D’abord modeste, l’entreprise s’installe progressivement dans le paysage local. Elle incarne alors une industrie de main-d’œuvre, fondée sur le savoir-faire, la qualité de fabrication et une certaine idée du travail bien fait. À cette époque, le Sud-Ouest de la France possède une solide tradition de fabrication de chaussures et de travail du cuir.

🪖 Après la Seconde Guerre mondiale, Beverly prend une nouvelle dimension sous l’impulsion de son fils, José Bidegain. Figure marquante du patronat français, mais aussi personnalité engagée dans la vie publique, sportive et associative, il contribue à transformer l’entreprise familiale en un site industriel moderne. L’inauguration de la nouvelle usine, le 26 octobre 1957, marque un tournant : Beverly devient l’une des vitrines de la chaussure française pour enfants, avec ses marques Absorboot, Babybotte, Kiddybotte et Essé.

L’entreprise Bidegain possède également une usine à Casablanca, au Maroc, tandis qu’en 1970, son site béarnais produit près de 10 000 paires de chaussures par jour. Les collections Beverly s’arrachent et la marque devient un gage de qualité, associé au « fabriqué en France ».

🏭 En 2005, le groupe breton Noël rachète Bidegain SA. En 2007, l’entreprise quitte son site historique pour s’installer au nord de Pau, à Sauvagnon, laissant derrière elle des bâtiments empreints de mémoire.

Comme beaucoup d’industries françaises de la chaussure, Beverly est toutefois confrontée aux profondes mutations de la fin du XXe siècle : concurrence internationale des pays à bas coûts de main-d’œuvre, transformation des circuits de distribution, pression sur les coûts et évolution des modes de consommation. Malgré son histoire et son ancrage local, l’entreprise finit par disparaître après plusieurs plans sociaux, jusqu’à sa liquidation en 2019.

📉 Si les machines se sont tues, la mémoire de l’usine Beverly reste bien vivante à Pau. Son histoire s’inscrit aussi dans la trajectoire plus sombre de l’industrie textile et de la chaussure en France.

📸 CPA 1960 Collection Ileufuus

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