EDF Cordemais
Un géant de l’estuaire bientôt dans le noir…
📅 Mercredi 25 février 2026

⚡️Située sur les rives de la Loire, entre Nantes et Saint-Nazaire, la centrale de Cordemais, en Loire-Atlantique, est bien plus qu’un simple complexe industriel. Avec ses cheminées culminant à 220 mètres, elle est un repère dans le paysage ligérien et un maillon stratégique du réseau électrique français.
Construite à partir de 1967, Cordemais est une centrale thermique à flamme. Mise en service en 1970, elle a d’abord fonctionné au fioul : une première unité de 600 MW, puis deux autres unités portant la puissance totale au fioul à 1 400 MW, arrêtées en 1995. Le site s’appuie ensuite sur deux unités au charbon, d’une puissance de 600 MW chacune.
🏭 Cordemais contribue à la sécurité d’approvisionnement électrique, en complément du nucléaire et des énergies renouvelables, pour la Bretagne et les Pays de la Loire, deux régions structurellement déficitaires en production. Sur près de 150 hectares, le site emploie environ 350 salariés EDF et près de 200 salariés de prestataires.
Parce que le charbon est l’énergie la plus émettrice de CO₂, l’État français avait initialement fixé la fermeture du site à 2022. Mais pour garantir la stabilité du réseau et absorber les pics de consommation lors des vagues de froid, l’échéance a été repoussée. En France, il ne reste plus que deux centrales à charbon en activité, Cordemais et Saint-Avold (Moselle).
🪵 EDF a alors développé le projet Ecocombust, visant à remplacer le charbon par des granulés de bois de récupération (biomasse), issus de déchets de bois non recyclables. En 2025, EDF renonce finalement à cette reconversion et annonce l’arrêt définitif des deux dernières unités de Cordemais au 31 mars 2027, dans le cadre de la sortie du charbon prévue par la loi énergie-climat.
☢️ Pour l’après, EDF évoque une reconversion industrielle, sa filiale Framatome a lancé des études pour implanter sur le site une usine de préfabrication de tuyauteries nucléaires pour les futurs réacteurs EPR2.
D’ici là, la centrale continue de produire de l’électricité lors des pics hivernaux. Elle doit aussi écouler, avant 2027, un important stock de charbon entreposé à Montoir-de-Bretagne, constitué au début de la guerre en Ukraine.
📸 Cordemais résume à elle seule la complexité de la transition énergétique : comment concilier l’impératif climatique avec une nécessité absolue de ne pas de plonger l’Ouest de la France dans le noir, au beau milieu de l’hiver.
CPA 1978 Collection Ileufuus
