EDF Hostens
La loi du 8 avril 1946…
📅 Mercredi 25 mars 2026

⛏️ Au sud de Bordeaux, dans les Landes de Gascogne, le domaine départemental de Gérard Lagors est aujourd’hui un sanctuaire de biodiversité. Pourtant, sous le sable et les pins, se cache le souvenir d’un complexe industriel colossal : la mine et la centrale thermique d’Hostens.
Fondée en 1932 par la Société Minière et Électrique des Landes (MINELA), la centrale fonctionne au lignite, un charbon dit « houille brune », extrait directement sur place, dans des mines à ciel ouvert, pour produire de l’électricité. D’une puissance de 60 MW, elle s’appuie sur une ressource de qualité modeste, mélange de charbon et de végétaux en décomposition. Pour alimenter les fourneaux, une excavatrice géante dévore le sol afin d’en extraire le combustible. Cette activité laisse une empreinte durable : le relief est modelé, de vastes excavations sont creusées, et des infrastructures dédiées à l’extraction et au transport du lignite apparaissent.
🏭 Après-guerre, MINELA est concernée par la grande vague de nationalisation : la loi du 8 avril 1946 sur la nationalisation de l’électricité et du gaz crée EDF et organise le transfert des entreprises électriques privées vers le secteur public.
Dès 1966, la centrale ferme. Le gisement de lignite s’avère moins riche et plus complexe à exploiter que prévu. La France commence à réorienter sa stratégie énergétique vers l’atome, rendant ces petites centrales thermiques au charbon obsolètes. Et contrairement à un charbon de meilleure qualité, le lignite d’Hostens est trop pauvre pour être transporté rentablement vers d’autres usines.
🛶 Dans les années 1970, le Conseil départemental de la Gironde rachète le site pour en faire un espace naturel. Les immenses fosses d’extraction sont progressivement ennoyées, donnant naissance aux cinq lacs qui font aujourd’hui la renommée d’Hostens.
Mais l’histoire de la centrale n’est pas totalement enterrée. Depuis les grands incendies de l’été 2022, le passé minier refait surface de manière inquiétante : le lignite résiduel peut se consumer sans flammes, en profondeur, pendant des mois, voire des années. Ce phénomène de feux de lignite impose une surveillance constante, pour éviter toute réactivation en surface.
🏞️ L’ancienne centrale d’Hostens rappelle une époque où l’énergie structurait profondément les territoires, les emplois et les paysages. Ici, la mémoire industrielle reste inscrite dans le sol, dans la forme des lacs et dans l’histoire collective de la commune.
📸 CPA 1960 Collection Ileufuus
