Motta Argentan
Un parfum de dolce vita en Normandie…
📅 Vendredi 12 juin 2026

🍨 Si vous demandez aux habitants d’Argentan de vous parler de la « Motta », les yeux des plus anciens s’illumineront à coup sûr. Pendant des décennies, cette usine n’a pas seulement fabriqué des crèmes glacées : elle a façonné l’identité d’une ville, rythmé la vie de milliers de familles et apporté un parfum de dolce vita en plein cœur du bocage normand.
L’histoire commence au tournant des années 1960. Motta, entreprise italienne fondée à Milan par Angelo Motta et déjà célèbre pour ses pâtisseries, souhaite conquérir le marché français des crèmes glacées. À cette période, la consommation de glaces en France reste encore modeste comparée à celle de plusieurs pays européens.
🏭 La ville d’Argentan, dans le département de l’Orne, offre plusieurs atouts majeurs : une position géographique stratégique proche de Paris, une région laitière par excellence et une main-d’œuvre qualifiée. En 1963, l’usine sort de terre. C’est un choc de modernité pour la petite cité normande : un site ultramoderne, des lignes de production impressionnantes et une architecture industrielle imposante. L’aventure peut commencer. On y fabrique des spécialités glacées, des bâtonnets, des coupes, des gâteaux glacés et d’autres produits destinés à un marché en pleine construction.
Au fil des décennies, l’usine suit les évolutions du secteur. En 1977, Motta passe sous le contrôle d’Unilever. L’établissement argentanais apparaît ensuite sous l’enseigne Motta au sein de Cogesal-Miko.
🍦 En 2000, Unilever annonce un plan mondial de restructuration d’une ampleur inédite : suppression de 1 200 marques, fermeture de plus de 100 usines et 25 000 emplois supprimés. La France est durement touchée. Le site Lever d’Haubourdin ferme en 2001, tout comme celui d’Astra à Asnières. La coopérative laitière belge Milcobel rachète en 2001 au groupe néerlandais Unilever l’usine normande.
Le site d’Argentan, désormais nommé YSCO, devient alors un spécialiste des marques de distributeurs. Les glaces, cornets, bacs et gâteaux glacés vendus sous les enseignes Carrefour, Leclerc, Intermarché ou Lidl se retrouvent ainsi dans les congélateurs de nombreux consommateurs européens. L’usine emploie près de 200 salariés et produit plus de 325 millions de litres de glaces par an.
🍧 En 2025, le groupe belge vend son usine normande, ainsi que son site belge de Langemark, au fonds d’investissement américain Davidson Kempner. Une histoire de froid, certes, mais aussi celle d’une usine argentanaise qui incarne une industrie du quotidien, essentielle à la chaîne alimentaire européenne.
📸 CPA 1963 Collection Ileufuus