Bridel Lohéac
Une aventure laitière bretonne…
📅 Vendredi 3 avril 2026

🐄 Si, aujourd’hui, le nom de Lohéac évoque immédiatement le sport automobile, son célèbre circuit et son musée, le village a longtemps vibré au rythme d’une tout autre activité : la transformation laitière. L’histoire de la laiterie Bridel à Lohéac est celle d’une entreprise familiale devenue une référence de l’agroalimentaire.
Tout commence en 1846, lorsque la famille Bridel s’installe à Martigné-Ferchaud. Mais c’est sous l’impulsion de la troisième génération et notamment d’Émile Bridel que l’entreprise prend une dimension industrielle. Fondé en 1965, le site de Lohéac devient rapidement un centre névralgique pour la marque. Idéalement située au cœur du bassin laitier d’Ille-et-Vilaine, l’usine bénéficie d’un terroir riche et collecte une matière première de qualité auprès des agriculteurs locaux.
🥛 Dans les années 1970, la laiterie bretonne se modernise massivement. Elle ne se contente plus de collecter le lait ; elle devient un site de transformation laitière, pour devenir un acteur majeur dans la production de protéines de lait, la caséine et les caséinates, à partir de lait frais écrémé. Le groupe Bridel possédait onze usines en France, dont sept en Bretagne, Lohéac, Retiers, Martigné-Ferchaud, L’Hermitage, Châteaulin, Châteaubriant et Pontivy.
En 1990, le paysage laitier français est bouleversé par le rachat de Bridel par le groupe Besnier (devenu aujourd’hui Lactalis). Ce rapprochement entre le géant de Laval et la pépite bretonne marque un tournant : Bridel cesse d’être un groupe familial indépendant, mais la marque poursuit son développement au sein du nouvel ensemble.
🏭 Si Bridel continue de briller dans les rayons, les sites de production, eux, subissent des restructurations pour s’adapter à la concurrence. À Lohéac, l’activité industrielle finit par s’éteindre en 1991, laissant derrière elle un patrimoine immobilier imposant.
🏎️ Le déclin de la laiterie n’a pourtant pas signé la fin du village, bien au contraire. C’est aussi sur les fondations de cette réussite économique que Michel Hommell, patron de presse, a pu contribuer à faire de Lohéac une capitale de l’automobile. Certains bâtiments liés à l’activité laitière, ou à l’empreinte de la famille Bridel, ont été réhabilités et participent aujourd’hui au charme de ce village de caractère.
L’histoire de Bridel à Lohéac reste un témoignage puissant de la réussite du modèle coopératif et industriel breton, rappelant que derrière chaque motte de beurre se cache une aventure humaine et territoriale.
📸 CPA 1973 Collection Ileufuus
