Océanic Chartres
Aux grandes heures de l’électronique grand public française…
📆 Vendredi 3 juillet 2026

📺 Avant que les écrans plats ne deviennent des objets mondialisés, assemblés à l’autre bout de l’Europe ou de l’Asie, la télévision fut aussi une affaire d’usines françaises, de chaînes de montage, de bobinages, de circuits imprimés et de savoir-faire. À Chartres, l’usine Océanic appartient à cette mémoire industrielle discrète, mais précieuse : celle d’une époque où l’électronique grand public se fabriquait encore localement.
Retour sur l’histoire d’un site emblématique, qui a marqué les mémoires ouvrières de la région et accompagné l’entrée de la télévision dans les foyers français.
📻 Fondée en 1924 par Roger Toutain, la marque Océanic se fait d’abord connaître grâce à ses postes de radio, notamment le « Surcouf », au design audacieux. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise prend le virage de la télévision.
Durant les Trente Glorieuses, les foyers français s’équipent progressivement en postes de radio, électrophones et téléviseurs. Océanic accompagne ce mouvement, à une époque où la télévision devient un symbole de modernité dans les foyers.
🏭 C’est dans ce contexte d’essor de la télévision qu’est inaugurée, en 1962, l’usine de Chartres. Le site chartrain est alors associé à la fabrication de transistors et de téléviseurs Océanic, puis ITT Océanic, après l’intégration de la marque au groupe international ITT en 1966. Avec ses 800 salariés, l’usine fabrique également des produits électroniques pour d’autres marques du groupe américain, notamment Sonolor et Schaub-Lorenz.
Chartres, longtemps identifiée à sa cathédrale, devient aussi une ville de production. L’électronique, la pharmacie, la cosmétique et d’autres activités industrielles participent à transformer le territoire. L’usine se situait route d’Orléans, où se trouve aujourd’hui le site de Novo Nordisk.
🌍 À partir des années 1980, la mondialisation et la concurrence des pays asiatiques bouleversent le marché européen de l’électronique grand public. L’usine de Chartres change alors de mains à plusieurs reprises, passant notamment sous le contrôle du groupe suédois Electrolux, puis du finlandais Nokia, au gré des restructurations industrielles.
Face à la chute des prix des téléviseurs et à la délocalisation des sites de production, l’activité historique d’assemblage de téléviseurs s’essouffle, puis s’éteint à Chartres en 1992.
🌐 Aujourd’hui, la marque Océanic est désormais associée à des produits d’entrée de gamme dans l’électroménager et l’électronique, distribués notamment en ligne par le groupe bordelais Cdiscount.
📸 CPA 1972 Collection Ileufuus