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Clerget La Tour-du-Pin

Être bien habillé, c’est aussi être bien chaussé…

📅 Vendredi 9 janvier 2026

📅 Vendredi 9 janvier 2026

Si les murs de l’usine Clerget, située au cœur du tissu urbain turripinois, pouvaient parler, ils raconteraient le fracas cadencé des machines à coudre, l’odeur entêtante du cuir tanné et de la colle, qui ont rythmé la vie de centaines d’ouvrières et d’ouvriers.

L’usine Clerget fut pendant près d’un siècle un symbole de l’industrie manufacturière à La Tour-du-Pin, ville du nord de l’Isère, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Fondée en 1863 par la famille de cordonniers Molroguier, l’entreprise, située au 14 rue d’Italie, fabrique d’abord des galoches et des bottines avant de devenir progressivement une véritable usine de fabrication de chaussures.

La fille du fondateur, Paul Molroguier, épouse Louis Clerget (1899-1957) qui, sous sa direction, fait construire en 1924 l’usine de la rue Paul-Bert à La Tour-du-Pin. L’établissement se développe au fil des décennies, adoptant des procédés mécanisés afin de répondre à une demande croissante.

L’architecture du site est typique de l’ère industrielle : de vastes ateliers lumineux, conçus pour aligner les postes de travail où s’activent piqueuses, coupeurs et monteurs.

En 1957, Jean Clerget succède à son père et développe un véritable écosystème du cuir et de la chaussure entre le Nord-Isère et la Drôme voisine. Les publicités Clerget continuent de vivre dans la mémoire collective avec leur slogan :

« Être bien habillé, c’est aussi être bien chaussé. »

En 1966, l’entreprise doit s’agrandir et opte pour la construction d’un édifice de l’autre côté de la rue Paul-Bert, relié à l’usine principale par une passerelle afin de faciliter la circulation des salariés. Au gré des collections, les modèles de chaussures pour hommes varient ; chaque modèle porte un nom évoquant celui d’une ville.

Les années 1980 marquent le début d’une période sombre pour l’industrie textile et chaussante française. La concurrence internationale s’intensifie, les modes de consommation évoluent et les coûts de production locaux pèsent lourdement. Le bassin de la chaussure en Rhône-Alpes est frappé de plein fouet.

Malgré la qualité de sa production et des décennies d’expérience, Clerget n’échappe pas à la crise. L’usine ferme ses portes en 1993. Le site est partiellement remplacé par une résidence immobilière, Les Triades, et par la médiathèque La Passerelle. Bien que l’activité industrielle ait cessé, le nom de la famille fondatrice n’a pas disparu du paysage turripinois : à l’intérieur de la médiathèque La Passerelle, une salle de conférence a été baptisée « Espace Louis Clerget ».

De ses humbles débuts en 1863 à sa fermeture en 1993, l’usine Clerget a symbolisé la vitalité industrielle de La Tour-du-Pin pendant plus d’un siècle. Elle a offert du travail à plusieurs générations d’habitants et contribué à forger l’identité ouvrière de la ville. Travailler chez Clerget était une fierté, et souvent une affaire de famille.

📸 CPA 1959 Collection Ileufuus

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