
👢 Sur les rives de la Dronne, aux confins de la Gironde et de la Dordogne, les imposants bâtiments de l’ancienne usine Baudou témoignent du passé industriel des Églisottes-et-Chalaures. Pendant près d’un siècle, ce village du nord de la Gironde a vécu au rythme de la transformation du caoutchouc, des pneumatiques et des milliers de paires de bottes expédiées en France comme à l’étranger.
En 1910, Maurice Baudou rachète une ancienne minoterie du XVIIᵉ siècle, située au lieu-dit Reyraud. Alors que la bicyclette connaît un essor spectaculaire, il y installe la Manufacture générale de caoutchouc, spécialisée dans les pneumatiques et les accessoires pour cycles. L’usine bénéficie alors d’une centrale hydraulique alimentée par la Dronne.
🚲 L’entreprise se fait connaître grâce à son pneu increvable, baptisé « La Sirène ». Durant la Première Guerre mondiale, elle fournit également à l’armée française des équipements destinés aux roues avant des autochenilles.
En 1932, Baudou prend un tournant décisif. La manufacture abandonne progressivement le pneumatique pour se consacrer aux bottes moulées et vulcanisées, destinées notamment aux agriculteurs, aux ouvriers et aux travailleurs évoluant dans des environnements humides.
🍽️ En 1956, le site emploie environ 600 personnes et devient l’un des principaux employeurs industriels de la région. Une cantine est aménagée pour les salariés, tandis que des logements destinés aux ouvriers et aux contremaîtres sont construits dans le village.
À partir des années 1970, Baudou adapte sa production à l’apparition de nouvelles matières. Des extensions sont construites pour accueillir la fabrication, par injection de PVC puis de polyuréthane, d’articles plus légers destinés à l’agriculture, à l’industrie, à la chasse, à la pêche et aux loisirs.
🏭 Baudou est repris en 1997 par le groupe familial Humeau-Beaupréau, fabricant français de chaussures établi dans le Maine-et-Loire. En 1999, l’entreprise quitte définitivement le moulin de Reyraud et transfère ses activités dans la zone industrielle de Patris Nord, toujours située aux Églisottes-et-Chalaures. La production se répartit entre l’usine girondine et le site historique de la famille Humeau, situé à Beaupréau-en-Mauges, dans le Maine-et-Loire.
Vendue en 2001, l’ancienne manufacture est progressivement délaissée et devient une friche industrielle. En 2026, l’Office français de la biodiversité et la Française des jeux engagent, dans le cadre de l’opération Mission Nature, un chantier de démolition et de renaturation de ce lieu emblématique du patrimoine industriel girondin.
📷 CPA 1978 Collection Ileufuus

