
🏭 Située au cœur de la Seine-et-Marne, l’ancienne usine Leroy de Saint-Fargeau-Ponthierry dresse encore fièrement ses murs de briques. Autrefois fer de lance de la production française de papiers peints au XXᵉ siècle, ce site exceptionnel a connu un destin hors du commun. De l’effervescence industrielle à sa transformation en pôle culturel moderne, l’usine Leroy est un exemple remarquable de réhabilitation du patrimoine industriel.
En 1842, Louis-Isidore Leroy fonde à Paris une manufacture de papiers peints. Installée à l’origine rue La Fayette, puis dans le secteur de la rue du Château-Landon, l’entreprise accompagne la révolution industrielle et se distingue rapidement par sa volonté de mécaniser une production encore largement artisanale.
🎨 L’entreprise conçoit et perfectionne ses propres machines à imprimer, capables d’appliquer plusieurs couleurs successivement sur un rouleau continu. Mise au point au XIXᵉ siècle et présentée à l’Exposition universelle de 1878, la machine capable d’imprimer jusqu’à 26 couleurs sur le papier devient l’un des symboles du savoir-faire de la maison Leroy.
Cette mécanisation permet de produire plus vite, en plus grandes quantités et à moindre coût. Le papier peint, longtemps réservé aux intérieurs les plus aisés, entre progressivement dans les foyers populaires et les logements de la classe moyenne. Leroy participe ainsi pleinement à la démocratisation de la décoration murale.
🗼 Au début du XXᵉ siècle, l’entreprise parisienne se retrouve cependant à l’étroit. En 1912, la famille Leroy choisit de transférer la production à Ponthierry et fait appel à Paul Friesé, architecte spécialisé dans les bâtiments industriels.
Le 1er août 1944, le site, occupé par les Allemands, est lourdement bombardé par les Alliés. Après la Libération, la manufacture est reconstruite et reprend sa production avec près de 600 salariés.
📉 Mais à partir des années 1970, le marché change profondément. Les modes décoratives évoluent, de nouveaux revêtements apparaissent et la concurrence étrangère se renforce. La hausse des coûts de production fragilise également l’entreprise. Après plusieurs années difficiles, l’usine Leroy de Ponthierry ferme définitivement ses portes en 1982.
Le bâtiment et les machines de la centrale sont inscrits au titre des monuments historiques en 1986. Les façades, les toitures et la célèbre machine à imprimer 26 couleurs sont ensuite classées au titre des monuments historiques. La commune de Saint-Fargeau-Ponthierry réhabilite l’ancienne centrale électrique sous le nom d’Espace culturel « Les 26 Couleurs ».
📸 CPA 1946 Collection Ileufuus

