
🍫 Pendant plus d’un demi-siècle, la vallée de l’Huveaune et les collines de Saint-Menet, à Marseille, ont vécu au rythme des effluves de café torréfié et de chocolat. Retour sur l’histoire fascinante et tumultueuse du site Nestlé de Saint-Menet, véritable symbole du patrimoine industriel phocéen.
En 1948, le groupe suisse Nestlé cherche alors à développer sa production dans le sud de la France. Marseille présente de nombreux avantages : son port permet de réceptionner le cacao, le café et les autres matières premières importées, tandis que ses infrastructures ferroviaires et routières facilitent l’expédition des produits finis vers la France et les marchés méditerranéens.
🏭 Construite entre 1949 par les architectes René Egger et Fernand Pouillon, l’usine doit réunir une unité de fabrication de chocolat et une unité de production de café soluble.
En 1952, le site entre pleinement en activité. Sur les lignes de production de Saint-Menet, des générations d’ouvriers fabriquent des produits entrés dans le quotidien de millions de Français, comme Ricoré, Nescafé, Crunch ou Galak. Pendant plusieurs décennies, le site s’impose comme l’un des poumons économiques du bassin marseillais, avec une culture d’entreprise forte et des luttes sociales passionnées.
🌎 Mais au début des années 2000, Nestlé engage une réorganisation de ses usines européennes. Certaines productions marseillaises sont progressivement transférées vers d’autres établissements du groupe, notamment en Espagne et à Dieppe.
En mai 2004, la direction annonce son intention de fermer l’usine de Saint-Menet. Le site emploie alors près de 430 personnes. Nestlé invoque une productivité insuffisante et la nécessité de regrouper ses fabrications. Pour les salariés, cette décision est difficile à accepter : une importante mobilisation sociale débute et le conflit dure près de vingt et un mois.
📉 Au cours des années suivantes, une partie de l’outil industriel est successivement reprise par NetCacao, puis par La Chocolaterie de Provence. Ces reprises font naître l’espoir de préserver durablement la production chocolatière marseillaise, mais elles se heurtent à la mondialisation et à des difficultés financières. Cette renaissance reste malheureusement de courte durée.
Après avoir connu plusieurs propriétaires fonciers, l’ancienne usine Nestlé est réhabilitée par le groupe immobilier Vastint, qui rebaptise le site « Valentine Vallée Verte ». Ce pôle tertiaire nouvelle génération, conçu comme un « Business Garden », accueille aujourd’hui différentes entreprises, des artisans, des activités logistiques, des bureaux ainsi qu’un studio de cinéma.
🎬 Le film Chien 51, de Cédric Jimenez, y a notamment installé une partie de ses décors, symbole d’une nouvelle vie pour cette ancienne friche industrielle marseillaise.
📸 CPA 1952 Collection Ileufuus
📸 CPA 1974 Collection Ileufuus

