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Thomson-CSF Saint-Égrève

Berceau de la "Silicon Valley" Grenobloise…

Mardi 12 mai 2026

📡 Si Grenoble est aujourd'hui mondialement reconnue comme une place forte de la microélectronique, elle le doit en grande partie à l'usine de Saint-Égrève, longtemps connue sous l'étendard Thomson-CSF.

L'histoire débute en 1953. La SFR (Société Française Radio-Électrique), qui deviendra bientôt la CSF (Compagnie générale de télégraphie sans fil), cherche à décentraliser ses activités parisiennes. Le choix se porte sur Saint-Égrève, à quelques kilomètres de Grenoble.

🏭 Le site, baptisé « Centre Émile Girardeau », du nom du fondateur de la SFR, est inauguré en 1955. Son architecture, André Gutton, est révolutionnaire pour l'époque : des bâtiments modulaires en aluminium, surnommés « les wagons », disposés en peigne, sont adaptés à un terrain de 12 hectares très en pente.

À l'origine, le site se spécialise dans les tubes électroniques miniatures. Puis, dans les années 1960, il se distingue par sa production de semi-conducteurs (diodes et transistors).

🤵🏻👰🏻 En 1968, lors du mariage entre Thomson-Houston et la CSF, le site intègre le groupe Thomson-CSF. Saint-Égrève devient un maillon essentiel du complexe militaro-industriel français, employant plus de 2 000 personnes à son apogée dans les années 1970.

En 1988, la majorité des productions, devenues trop à l'étroit ou nécessitant de nouvelles infrastructures, est transférée vers le site de Moirans, à une vingtaine de kilomètres. Saint-Égrève connaît alors ses premiers plans sociaux d’envergure, marquant une étape importante de son histoire industrielle.

🌎 À la fin des années 1990, une partie des activités historiques du site est arrêtée ou transférée. Pour autant, l’aventure industrielle se poursuit à Saint-Égrève. En 2000, l’américain Atmel reprend le site et maintient la production en salle blanche. En 2006, celui-ci rejoint le groupe britannique e2v Technologies, avant d’être intégré en 2017 au groupe américain Teledyne Technologies.

Aujourd’hui, les salles blanches construites en 1987 — et rénovées en 2022 — accueillent deux activités complémentaires : la fabrication de semi-conducteurs haute fiabilité et le développement de capteurs d’images et de solutions de vision. Ces technologies répondent aux exigences des marchés les plus critiques, du spatial à la défense, en passant par le médical et l’industrie. Avec près de 400 collaborateurs, le site demeure un acteur industriel majeur de la microélectronique française et a célébré en 2025 ses 70 ans d’innovation continue.

En 2000, Thomson-CSF devient Thales Group. Tous les bâtiments de l’ancienne usine Thomson sont détruits la même année.

Aujourd’hui, plusieurs usines en Isère sont issues de l’histoire de Thomson-CSF à Saint-Égrève. Des générations de techniciens et d’ingénieurs formés chez Thomson ont contribué à faire émerger des leaders mondiaux et à transformer l’Isère en en terre d’innovation technologique majeure.

💡 Les sites Thales Electron Devices, Thales Avionics LCD et Trixell, situés à Moirans, sont spécialisés dans la conception et la fabrication de matériels et de composants électroniques de haute performance et de haute fiabilité.

💡 L’usine STMicroelectronics à Crolles, entreprise franco-italienne née en 1987 de la fusion entre Thomson Semiconducteurs et SGS Microelettronica, est spécialisée dans les technologies CMOS avancées, les capteurs, les circuits intégrés et les objets connectés.

💡 L’usine Teledyne e2v Semiconductors, située à Saint-Égrève, fabrique des composants électroniques. Multix, également située à Moirans, développe des technologies de détection spectrométrique par rayons X, tandis que Pyxalis, implantée elle aussi à Moirans, produit des capteurs d’image.

💡 L’usine Lynred, située à Veurey-Voroize et filiale de Thales et de Safran, est spécialisée dans la production de détecteurs infrarouges.

📸 CPA 1966 Collection Ileufuus
📅 Mardi 12 mai 2026
✍🏻 Olivier Cointre

Thomson-CSF Saint-Égrève

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