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Flaminaire Redon

Capitale du briquet…

Mercredi 14 janvier 2026

Mercredi 14 janvier 2026

Si Redon, petite ville bretonne d’Ille-et-Vilaine, est souvent célébrée pour son carrefour fluvial et son abbaye, son histoire industrielle recèle un joyau méconnu du grand public : Flaminaire.
Retour sur l’histoire de cette remarquable usine bretonne, aujourd’hui intégrée au groupe familial Bic.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’industrie du briquet est dominée par les modèles à essence de l’entreprise américaine Zippo, fiables mais odorants et nécessitant l’usage de mèches.

Un homme va tout changer : Marcel Quercia, fils de Janvier Quercia, orfèvre et créateur d’objets d’art parisien, propriétaire de la marque de briquets à essence Flamidor. Il rachète un brevet prometteur à un certain Henri Pingeot : celui d’un briquet utilisant du gaz butane liquéfié.

L’idée est révolutionnaire, mais techniquement complexe, notamment en raison des problèmes d’étanchéité des joints. En 1946, Marcel Quercia choisit Redon pour y implanter son usine, rue de la Châtaigneraie. Ce choix n’est pas anodin : la ville offre une main-d’œuvre rurale abondante et qualifiée, prête à se former aux métiers de la petite métallurgie.

Dès 1947, l’usine de Redon entre dans l’histoire en produisant le Gentry, premier briquet à gaz commercialisé au monde. Le succès est immédiat. Finie l’odeur d’essence sur les doigts : la flamme est propre, réglable et le design élégant. Durant les années 1950 et 1960, l’usine connaît son âge d’or.

L’entreprise emploie jusqu’à 600 personnes, majoritairement des femmes, réputées pour leur dextérité au montage. On y fabrique des objets de luxe, souvent plaqués or ou argent, comme le célèbre modèle de poche « Le Crillon ».

Au début des années 1970, un vent de panique souffle sur le marché. Le baron Bich, qui a déjà révolutionné l’écriture avec le stylo-bille Bic, lance en 1973 le briquet jetable à pierre. Petit, bon marché, coloré et fiable, ce nouveau produit provoque un véritable raz-de-marée, menaçant les fabricants traditionnels de briquets rechargeables.

Le groupe Bic rachète l’usine bretonne en 1971. Depuis, le site n’a cessé de se développer pour devenir le centre d’expertise mondial du groupe pour les briquets. Les chaînes de montage artisanales laissent place à des machines ultra-rapides, capables de produire près de 800 millions de briquets par an.

Le processus de fabrication est entièrement intégré, depuis l’injection plastique des réservoirs en Delrin, un plastique très résistant jusqu’à l’assemblage de la molette et de la pierre, puis au remplissage du gaz isobutane.

L’usine est également devenue un site pilote en matière de recyclage et d’économie circulaire, avec le broyage et la réutilisation des matériaux issus des briquets usagés. Avec environ 450 salariés, l’usine Bic demeure aujourd’hui un pilier de l’économie bretonne et un champion discret de l’industrie française.

CPA 1955 Collection Ileufuus

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