
Goodrich Colombes
Un siècle d’histoire industrielle…
🛞 Pendant plus de soixante-dix ans, l’usine Goodrich de Colombes a marqué le paysage urbain, l’économie locale et la mémoire de plusieurs générations d’ouvriers. Implanté au 221 boulevard de Valmy, cet immense complexe consacré à la fabrication de pneumatiques est devenu l’un des symboles de l’industrialisation de la banlieue parisienne au XXᵉ siècle.
L’histoire commence en 1911, lorsque le tout premier pneu de l’usine sort des chaînes de production de la firme américaine fondée par Benjamin Franklin Goodrich, marquant le lancement d’une aventure industrielle majeure. Le site produit alors principalement des bandages pleins pour poids lourds et véhicules utilitaires, des pneumatiques destinés aux premières automobiles de tourisme et divers produits en caoutchouc manufacturé.
🏭 L’essor de l’automobile et du transport routier stimule la demande, entraînant l’agrandissement de l’usine au lendemain de la Première Guerre mondiale. Le site abrite des ateliers de confection, de vulcanisation et de garnissage. Il comprend également des bureaux, des vestiaires, une crèche, une infirmerie et une cantine.
La fabrication d’un pneu mobilise de nombreuses opérations : préparation et assemblage des tissus, travail du caoutchouc, mise en forme, cuisson et contrôle du produit fini. En 1932, l’usine devient Colombes-Goodrich et commence à équiper les trains d’atterrissage d’avions de chasse français, notamment le Potez 540.
🪖 Durant la Seconde Guerre mondiale, l’usine, jugée stratégique par les Allemands pour la production de produits dérivés du pétrole et du caoutchouc, devient la cible de plusieurs bombardements alliés. La production peut néanmoins redémarrer en 1944, et le site devient ensuite Kléber-Colombes.
En 1950, l’usine emploie près de 3 000 salariés. Elle produit notamment des pneus destinés à la célèbre Simca Chambord, assemblée à Poissy. À partir des années 1970, l’industrie française du pneumatique connaît d’importantes restructurations. La concurrence internationale, la concentration des entreprises et la modernisation des méthodes de production fragilisent les anciens sites urbains. Michelin devient l’actionnaire majoritaire de Kléber en 1981 et délocalise une partie de la transformation du caoutchouc vers le site de Saint-Léger-des-Vignes, près de Decize, dans la Nièvre.
📉 Trois ans plus tard, en 1984, l’usine de Colombes ferme définitivement ses portes. La majeure partie des bâtiments est ensuite démolie. L’usine Goodrich demeure une page fondamentale du patrimoine ouvrier et industriel des Hauts-de-Seine. Elle symbolise l’époque où la banlieue parisienne participait pleinement à l’innovation automobile et à la transformation des matériaux. En 2028, l’usine Stellantis de Poissy, anciennement Peugeot, dernier site de construction automobile encore en activité en Île-de-France, cessera sa production de véhicules.
📜 Lettre 1921 Collection Ileufuus


