
Heyraud Limoges
De la rue Hoche à l’avenue Garibaldi…
👞 Si Limoges est mondialement célèbre pour sa porcelaine, la ville possède également un riche héritage industriel lié au travail du cuir et de la chaussure. Parmi les entreprises qui ont marqué cette histoire, la maison Heyraud occupe une place particulière. De ses premiers ateliers de la rue Hoche à sa grande usine de l’avenue Garibaldi, elle a employé plusieurs centaines de personnes et contribué au rayonnement économique de Limoges pendant une grande partie du XXᵉ siècle.
Fondée en 1915 par Alfred Heyraud, l’entreprise s’installe aux 8 bis et 16 rue Hoche. Malgré la Première Guerre mondiale, l’usine se développe et ses créations gagnent les vitrines des plus prestigieuses boutiques de Paris et des grandes villes françaises.
🏭 L’usine n’est pas seulement un lieu de production : elle fait vivre plusieurs centaines de familles limougeaudes et participe pleinement à la transformation sociale de la ville. Au début des années 1930, Alfred Heyraud acquiert l’ancienne usine de porcelaine Haviland, située au 39 avenue Garibaldi. L’entreprise Haviland, durement frappée par la crise économique de 1929, avait été liquidée l’année suivante.
Heyraud développe également un important réseau commercial afin de vendre directement ses collections. Dans les années 1960, la société dispose d’une quarantaine de magasins sous l’enseigne Heyraud, répartis en France.
👢 Le succès de la marque repose sur des standards stricts : une sélection rigoureuse des meilleurs cuirs, des techniques de montage comme le cousu Goodyear, garantissant l’étanchéité et la longévité des chaussures, ainsi qu’un style classique et intemporel, symbole du chic à la française.
Malgré son prestige, l’usine Heyraud est frappée de plein fouet par les bouleversements de la fin du XXᵉ siècle. L’ouverture des marchés, la concurrence des pays à bas coûts de main-d’œuvre et l’évolution des habitudes de consommation fragilisent progressivement ce modèle industriel.
📉 Après plusieurs plans sociaux et restructurations, la fabrication quitte définitivement Limoges en 1984, laissant derrière elle un véritable vide dans le bassin industriel local. La fabrication des chaussures Heyraud est progressivement confiée à des ateliers européens, notamment en Espagne et en Italie. En 1986, Bata rachète Heyraud. L’usine est démolie en 1988 afin de permettre la construction du centre commercial Saint-Martial.
En 1995, le groupe familial Eram, implanté dans les Mauges, en Maine-et-Loire, reprend Heyraud à Bata. Le groupe de Saint-Pierre-Montlimart ferme ensuite la grande majorité de ses boutiques Heyraud en 2019, face aux difficultés persistantes du marché de la chaussure.
Elle semble bien loin, la grande époque Heyraud, celle d’une maison qui revendiquait, selon ses propres publicités, un « chic intemporel, emblématique de l’élégance à la française ».
📜 Facture 1932 Collection Ileufuus


