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1958 - Vedette Lyon (1944-1987) - Photo 10 Collection Ileufuus.jpg

Pierre Capitan Clermont-Ferrand

Des pâtes auvergnates…

🍝 Lorsqu’on évoque l’histoire industrielle de Clermont-Ferrand, le nom de Michelin s’impose presque naturellement. Pourtant, la capitale auvergnate a accueilli bien d’autres activités manufacturières. Parmi ces entreprises aujourd’hui oubliées, la fabrique de pâtes alimentaires Pierre Capitan occupe une place particulière, témoignant d’une époque où l’Auvergne produisait macaronis, vermicelles et autres spécialités destinées aux tables françaises.

L’histoire des Capitan commence toutefois loin de l’Auvergne. En 1907, Pierre Capitan s’associe à son frère Casimir et tous deux reprennent une fabrique de pâtes à Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie. L’entreprise se développe rapidement et cherche bientôt à étendre sa production. En 1916, les frères Capitan rachètent à Montferrand, rue du Temple, l’usine de pâtes Marge-Goy et Cayre.

🏭 Derrière ses murs, la fabrication ne se limite pas aux traditionnels macaronis et vermicelles. Les établissements Capitan travaillent également la semoule, le tapioca et la chicorée. Avant que le marché ne soit dominé par de grands groupes agroalimentaires, la production de pâtes en France reposait sur un important réseau d’usines régionales.

L’entreprise Capitan se spécialise rapidement dans la fabrication de pâtes sèches : coquillettes, nouilles, spaghettis et autres formats sortent de ses ateliers. Elle poursuit son expansion en ouvrant une usine à Talence, près de Bordeaux, en 1933, puis à Petit-Quevilly, près de Rouen, en 1937. À Montferrand, le site emploie jusqu’à environ 220 personnes, qui bénéficient de plusieurs avantages sociaux et de conditions de travail réputées favorables.

🥘 Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le paysage industriel français se transforme profondément. L’industrie des pâtes alimentaires entre dans une importante phase de concentration. En 1954, l’entreprise rachète notamment L’Étincelle, une fabrique concurrente installée à Gerzat, au nord de Clermont-Ferrand.

Dans le même temps, des marques disposant de moyens de production importants et de puissants budgets publicitaires, comme Lustucru, Panzani ou Rivoire-et-Carret, prennent une place croissante sur le marché national. Les producteurs régionaux doivent alors faire face à une concurrence de plus en plus forte et à la nécessité de moderniser rapidement leurs équipements. En 1961, l’usine auvergnate ferme finalement ses portes, mettant fin à plusieurs décennies d’aventure familiale et industrielle.

🏢 Les bâtiments de la rue du Temple ne survivent pas longtemps à la disparition de l’activité. Dans les années 1970, l’essentiel de l’ancienne usine est démoli et remplacé par des immeubles. L’histoire des pâtes alimentaires Pierre Capitan rappelle ainsi que Clermont-Ferrand ne fut pas seulement la ville du caoutchouc, mais qu’elle abrita également une industrie agroalimentaire dynamique aujourd’hui largement oubliée.

📜 Lettre 1937 Collection Ileufuus

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