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1958 - Vedette Lyon (1944-1987) - Photo 10 Collection Ileufuus.jpg

Poupées Bella Perpignan

L’usine catalane des rêves d’enfance…

👧 Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Perpignan est encore loin d’imaginer qu’elle deviendra la capitale française de la poupée. Pourtant, c’est ici qu’une modeste entreprise familiale va connaître une ascension spectaculaire et faire entrer le nom de Bella dans les souvenirs de millions de jeunes filles.

Fondée en 1946, à Perpignan dans le département des Pyrénées-Orientales, par un couple d’entrepreneurs Salvi et Lucie Pi, l’entreprise fabrique des poupées de manière artisanale. Dans une France qui se reconstruit et retrouve peu à peu le goût des loisirs, ces poupées séduisent rapidement les familles.

🏭 En 1952, la production est transférée dans une nouvelle usine à l’entrée de Perpignan. Les bâtiments sont progressivement agrandis pour accueillir de nouveaux ateliers, des machines et un personnel toujours plus nombreux. Au fil des années, le site se transforme en une véritable cité industrielle consacrée à la poupée.

Comme le fabricant lyonnais de petites voitures Norev, Bella adopte la Rhodialite, une matière plastique à base d’acétate de cellulose injecté, produite par le groupe français Rhodiacéta, filiale de Rhône-Poulenc. Ce matériau permet de fabriquer des poupées plus souples et plus réalistes. Bella produit des poupées qui pleurent, qui marchent, et même des poupées parlantes grâce à de minuscules tourne-disques intégrés dans leur dos.

🙋‍♀️ Dans les années 1960 et 1970, l’usine Bella emploie près de 1 000 salariés, en très grande majorité des femmes. Ces « petites mains » assemblent, coiffent, habillent et maquillent les poupées avec un savoir-faire méticuleux.

En 1969, Lucie et Salvi Pi décident toutefois de prendre leur retraite et cèdent l’entreprise au groupe industriel allemand Bolhen Wasag. Au début des années 1980, l’industrie mondiale du jouet entre dans une profonde phase de mutation. La concurrence des pays asiatiques, aux coûts de production nettement plus bas, fragilise durablement les fabricants européens et entraîne la fermeture de nombreuses usines.

📉 En 1981, Bella dépose le bilan et l’entreprise est reprise par le fabricant français de jouets Berchet. Sur près d’un millier d’emplois directs et indirects, environ 300 seulement sont préservés. En 1984, le tribunal de commerce de Perpignan prononce la liquidation définitive de l’entreprise.

En 1993, Jean Sala, ancien directeur engagé par les fondateurs dès 1948, participe à la création du Musée des poupées Bella à Perpignan. L’usine a disparu, mais ses poupées continuent de raconter l’histoire d’une ville qui, autrefois, fabriquait du rêve.

📜 Facture 1965 Collection Ileufuus

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