

Ropp Baume-les-Dames
Mémoire d’un savoir-faire pipier…
🪵 Niché au cœur du lieu-dit Gondé, sur les rives du Cusancin, le site de l’ancienne usine de pipes Ropp à Baume-les-Dames, dans le département du Doubs, est le témoin d’une époque où la Franche-Comté exportait son savoir-faire artisanal du bois dans le monde entier. Aujourd’hui reconnue pour son intérêt patrimonial exceptionnel, l’usine Ropp raconte l’épopée d’une entreprise familiale et d’une production unique : la pipe en bois de merisier et de bruyère.
L’histoire de Ropp commence en 1869 à Bussang, dans les Vosges, sous l’impulsion d’Eugène-Léon Ropp. À la fin du XIXe siècle, l’activité est transférée à Baume-les-Dames dans le Doubs, où l’entreprise trouve une main-d’œuvre disponible et des forêts de merisiers. Le site s’organise alors autour de la transformation du bois. Les branches sont soigneusement sélectionnées, puis séchées pendant plusieurs années.
🏭 Les ouvriers et ouvrières participent à une chaîne de gestes minutieux : découpe, séchage, tournage, perçage, polissage, teinture, vernissage et finissage. Chaque pipe porte ainsi la trace d’un travail patient, mêlant maîtrise technique et sens du détail. Pour fidéliser sa main-d’œuvre, la famille Ropp, d’abord Eugène-Léon puis son fils Eugène, met en place une politique sociale d’envergure autour du logement et de la vie quotidienne des ouvriers comme de la direction.
En 1932, le groupe anglais Oppenheimer prend des parts dans la société, avant que la famille Ropp ne perde la majorité de l’entreprise en 1934. À partir du début du XXe siècle, la bruyère complète progressivement le merisier dans la fabrication des pipes. Après la Seconde Guerre mondiale, une partie des opérations liées aux têtes de pipe en bruyère est réalisée à Saint-Claude, grand centre pipier jurassien, tandis que Baume-les-Dames conserve la création des modèles et les opérations de finissage.
📉 Mais à partir des années 1970, l’usine entre dans une période plus difficile. L’évolution des habitudes de consommation, le déclin du tabagisme à la pipe, la concurrence d’autres fabricants et la mondialisation fragilisent progressivement l’activité. En dépit de plusieurs plans d’adaptation de ses effectifs, l’usine ne parvient pas à enrayer son déclin et ferme définitivement ses portes en 1991.
Aujourd’hui, l’ancienne usine fait l’objet d’une attention toute particulière de la part de l’ASPI, l’Association de Sauvegarde du Patrimoine Industriel de l’ancienne Usine des Pipes Ropp, et de la municipalité. Récemment, des projets de restauration d’envergure, notamment soutenus par la Fondation du Patrimoine, ont été lancés afin de sécuriser et restaurer la célèbre cheminée en brique, construite en 1906, ainsi que de valoriser les bâtiments du site.
🧱 À travers ses murs, ses machines, ses logements et sa cheminée, l’objectif est de préserver la mémoire de celles et ceux qui ont travaillé dans cette usine et de transmettre l’histoire d’un savoir-faire autrefois reconnu bien au-delà du Doubs.
📜 Facture 1948 Collection Ileufuus
