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Ortiz-Miko Saint-Dizier

La saga Ortiz à Saint-Dizier...

Mardi 28 octobre 2025

Mardi 28 octobre 2025

L’histoire de l’usine Ortiz-Miko commence par une aventure familiale. En 1921, Luis Ortiz, immigré espagnol, s’installe à Saint-Dizier avec son épouse Mercedes. Il vend des marrons grillés et des gaufres, puis se lance très vite dans la fabrication artisanale de crèmes glacées.

Au début des années 1950, la famille souhaite moderniser son image et accompagner la croissance de la consommation des produits surgelés. En 1951, les glaces Ortiz sont rebaptisées Miko, c’est la naissance d’une marque industrielle.

Pour faire face au développement de la production, les Ortiz rachètent en 1954 l’ancienne brasserie du Fort-Carré, un vaste site industriel au cœur de la ville. La brasserie, fondée à la fin du XVIIIᵉ siècle, est alors reconvertie en usine moderne de glaces et d’aliments surgelés.

La silhouette la plus emblématique du site est sa haute tour, rapidement habillée de la marque Miko en grandes lettres bleues qui remplace le nom de la bière Fort Carré.

Dans les décennies qui suivent, l’usine Ortiz-Miko produit des bâtonnets, bûches glacées, cornets et desserts familiaux. Miko est une marque populaire qui sponsorise des équipes cyclistes sur le Tour de France.

En 1994, Ortiz-Miko est racheté par une multinationale anglo-néerlandaise Unilever, qui l’intègre à sa division surgelés Cogesal, rebaptisée Cogesal-Miko.

À partir des années 1990, l’industrie agroalimentaire européenne entre dans une phase de rationalisation de ses usines et de ses effectifs. L’usine historique du centre-ville ferme ses portes en 1996 au profit d’un site plus récent, implanté sur la zone industrielle de Trois-Fontaines, toujours à Saint-Dizier.

En 2008, une restructuration majeure provoque un conflit social très médiatisé, plusieurs centaines de postes sont menacés et une très longue grève paralyse l’usine. À l’issue des négociations, le nombre de suppressions est revu à la baisse, mais l’épisode marque durablement l’histoire industrielle locale.

En 2025, Unilever prépare la séparation par la scission de sa division glaces et son introduction en bourse sous le nom « The Magnum Ice Cream Company » qui comprend les marques Carte d'Or, Cornetto, Magnum et Miko.

L’ancienne usine Ortiz-Miko du centre-ville n’a pourtant pas disparu. Classé à l’inventaire général du patrimoine culturel, l’ensemble de la brasserie-usine a fait l’objet d’un vaste projet de reconversion piloté par la ville de Saint-Dizier. Les bâtiments industriels ont été transformés en un centre commercial, des logements et surtout en multiplexe de cinéma. La tour Miko, restaurée, est devenue l’entrée du cinéma et le site accueille des espaces d’exposition, un musée consacré à l’histoire de Miko.

En un siècle, la petite fabrique artisanale de Luis Ortiz est ainsi devenue un symbole de l’identité bragarde, une histoire de travail, de savoir-faire et de capacité à se réinventer, qui continue de marquer le paysage urbain et la mémoire des habitants.

CPA 1978 Collection Ileufuus

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