Teisseire Grenoble
Tous les plaisirs des fruits...
Dimanche 7 septembre 2025

L’histoire de Teisseire est intimement liée à la ville de Grenoble et à sa région. Fondée en 1720 par Mathieu Teisseire, cette entreprise née dans les Alpes est entrée dans l’imaginaire collectif français comme la référence des sirops et des concentrés fruités. À l’origine, la production n’était pas celle de sirops mais de boissons à base de fruits et plantes, notamment le fameux ratafia de cerises, une liqueur qui a valu à la maison Teisseire une notoriété importante dès le XVIIIe siècle.
En 1907, François Reynaud, négociant en liqueurs et spiritueux, rachète la distillerie.
Au fil des siècles, l’activité a évolué vers la fabrication industrielle de sirops non alcoolisés, à l’initiative des deux fils de François Reynaud. Teisseire devient peu à peu la marque leader des sirops en France, avec un large portefeuille de saveurs et une présence dans de très nombreux foyers et cafés.
Jusqu’en 1971, la production Teisseire était localisée à Grenoble. Cette année-là, l’entreprise construit une usine moderne à Crolles, dans la vallée du Grésivaudan. Le site est dimensionné pour répondre à la forte demande du marché. Des millions de litres de sirop y sont produits chaque année et les lignes de production sont hautement automatisées.
En 2004, Philippe Meunier, président de la holding Fruité Entreprises, rachète Teisseire à la famille Reynaud puis revend l’entreprise iséroise en 2010 au groupe britannique de boissons non alcoolisées Britvic.
L'usine de Crolles est un employeur important dans le bassin d'emploi du Grésivaudan. Elle fait travailler plusieurs centaines de personnes, qu'il s'agisse d'opérateurs de production, de techniciens de maintenance, d'ingénieurs qualité ou de personnel logistique.
En juillet 2024, le groupe brassicole danois Carlsberg rachète Britvic et engage une réorganisation stratégique et financière de ses activités. Le jeudi 16 octobre 2025, la direction annonce à ses 205 salariés la fermeture de l’usine pour l’année 2026, invoquant une baisse continue d’activité et l’évolution des habitudes de consommation. La production sera transférée à un sous-traitant normand, l'entreprise Slaur Sardet, située au Havre.
La fermeture de l’usine Teisseire est perçue comme un séisme pour la vallée du Grésivaudan et l’ensemble du département de l’Isère. Les autorités locales, les salariés et les acteurs économiques ont exprimé leur consternation face à une volonté de démantèlement qui menace une tradition industrielle vieille de plusieurs siècles.
Ainsi, l’histoire de l’usine Teisseire en Isère illustre toute la dualité des industries françaises traditionnelles, avec un héritage centenaire, un ancrage territorial fort et une mondialisation souvent mortelle pour les salariés.
(Mise à jour, le 28 octobre 2025)
Facture 1939 Collection Ileufuus


