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Tendil Nîmes

Une usine à taille humaine au cœur de la ville...

Samedi 6 septembre 2025

Samedi 6 septembre 2025

Adossée aujourd’hui au musée des Beaux-Arts, rue Ruffi, l’ancienne usine de cycles Tendil fait partie de ces lieux discrets qui ont façonné Nîmes au XXᵉ siècle. Derrière ses murs se cache l’histoire d’une marque régionale de cycle et de cyclomoteur, qui va disparaître durant les Trente Glorieuses face aux géants nationaux.

Tout commence en 1919, à Alès. Elie Tendil, ouvrier mineur, ouvre un commerce de vente de vélos et devient distributeur des cycles Automoto. Très vite, il ne se contente plus de vendre, il se met à assembler lui-même les bicyclettes, en commandant les pièces aux grossistes de la région stéphanoise. La marque Tendil est née.

À la fin des années 1920, la petite entreprise franchit une nouvelle étape en assemblant des motos de 250 et 350 cm³, motorisées avec des blocs Chaise ou Moser.

En 1936, la marque s’installe dans la capitale gardoise, dans une usine plus vaste, proche d’un nœud ferroviaire. Cette implantation urbaine dispose d’une superficie permettant la fabrication des cadres, le montage des roues, le chromage, l’application de la peinture puis l’assemblage final des vélos et des cyclomoteurs.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’usine tourne à plein régime. Si Tendil est la marque de bicyclettes, Tendilet est la marque de cyclomoteurs de l’entreprise.

La publicité résume l’esprit maison : « Pour bien pédaler, un vélo Tendil et pour ne plus pédaler, un cyclomoteur Tendilet. »

La marque cultive aussi son image sportive. Dès 1951, elle aligne une équipe régionale, d’abord sous le nom Tendil puis Tendil-Hutchinson, qui participe au Tour de France, renforçant ainsi la visibilité de la marque sur les routes de l’Hexagone.

Comme beaucoup de petits constructeurs français, Tendil subit de plein fouet la montée en puissance des grands groupes de deux-roues comme Motobécane et Peugeot, qui disposent de moyens industriels et commerciaux sans commune mesure. A la fin des années 1950, l’usine nîmoise emploie environ une centaine de salariés mais la marque peine à rester techniquement compétitive et financièrement rentable.

En 1962, Elie Tendil, son fils André et leur actionnaire le motoriste VAP, doivent faire des investissements considérables pour rester dans le marché. Le fondateur prend la décision de cesser l’activité de constructeur. L’usine gardoise ferme ses portes.

En devenant concessionnaire Motoconfort, puis MBK et Suzuki, le magasin prolonge la présence de la famille Tendil dans l'univers des deux-roues pour quelques décennies.

L’usine fermée, les bâtiments de la rue Ruffi connaissent une période sans lendemain, typique de ces friches industrielles de centre-ville. Le promoteur nîmois Habitec rachète le site et envisage de le transformer en logements pour l’année 2027.

L’usine de cycles Tendil, comme d’autres sites nîmois, illustre la richesse d’un patrimoine industriel longtemps resté dans l’ombre des monuments romains. Redécouvrir l’usine Tendil, c’est redonner sa place à cette page méconnue d’une très belle histoire nîmoise de cycles.

Lettre 1938 Collection Ileufuus

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